Planète à vendre

Une comédie sur les religions et l’idée que l’on se fait de dieu

L’action de Planète à Vendre se déroule au royaume des Cieux. Dieu gère son affaire tant bien que mal, avec son équipe constituée des principaux prophètes : Jésus, Mahomet, Siddhartha, Moïse et Lao Tseu. Un problème en particulier le contrarie au plus haut point : la mauvaise efficacité des religions. Le nombre d’entrées au Paradis ne cesse de diminuer, ce qui est contraire à l’objectif de sa création.

Lucifer, qui a toujours rêvé de s’approprier la Terre, profite de cette situation pour venir lui proposer de l’échanger contre une planète encore vierge, où il pourra recommencer une création sur de nouvelles bases. Dieu est tenté… d’autant plus que sur Terre la situation ne s’arrange pas, les hommes n’ayant cesse de créer de nouveaux problèmes.

Jeanne d’Arc, apprenant les manœuvres de Lucifer, remet son costume de sauveuse du monde et mobilise les prophètes pour s’opposer à ce projet diabolique. Mais les choses vont se compliquer jusqu’à la limite de la catastrophe, et finalement se dénouer d’une façon bien différente de ce qu’elle avait prévue… Pièce de théâtre écrite en 2005.

Les personnages

Dieu. Il est bien le Dieu tout puissant créateur de la Terre et de la vie, mais son caractère autoritaire et abrupt rappelle plus les figures divines de la mythologie grecque que le bon dieu des chrétiens. Par ailleurs on s’aperçoit bien vite qu’à son niveau, il est confronté comme nous autres humains à toutes sortes de problèmes qui lui compliquent la vie, toute éternelle qu’elle soit.

Un ange. Dieu n’est pas assisté par une secrétaire de direction, mais par un ange, ce qui est normal. Mais cet ange là se montre parfois un peu surprenant par rapport à l’idée qu’on se fait habituellement des anges.

Lucifer. Au départ, le personnage de Lucifer est assez conforme à l’image classique : malin, sans foi ni loi, séducteur et escroc toujours à l’affût d’un bon coup, foncièrement méchant. Mais, progressivement, ce personnage « standard » se complique, notamment quand on s’aperçoit qu’il traite avec Dieu le plus naturellement du monde, qu’on ne sait plus très bien s’il ne subit pas son autorité, et que, finalement, lui aussi, peut se faire berner.

Jeanne d’Arc. La plus terrestre des figures célestes. Elle aime les humains, et entend les protéger, quels que soient leur défauts. Le personnage est conforme à ce que fut la vraie Jeanne d’Arc, c’est à dire bien loin de la petite bergère innocente qu’a inventée Michelet. Energique, volontaire, colérique, et sans complexe devant Dieu, elle ne mâche pas ses mots et ne cache pas sa façon de penser. La seule évocation de Lucifer la met en rage, et, quand elle se retrouve en face de lui…

Siddhârta. Siddhârta Gautama, dit bouddha, fait partie de l’équipe des prophètes, qui constitue le « staff » du royaume. Tous sont très occupés aux affaires célestes, et seul Siddhârta prendra la peine d’aider Jeanne. Ici encore le personnage est différent de  son image commune : il est plus proche du jeune prince de la première partie de sa vie terrestre, ou même de l’homme d’affaires du roman de H . Hesse, que de la figure de « l’éveillé » qu’a retenue le bouddhisme.

Yasser. Yasser vient d’arriver au ciel. Sur terre, il était avocat en Palestine, très réputé pour sa compétence et son honnêteté. C’est un intellectuel pragmatique et un homme de terrain. Lorsqu’on lui demande de défendre les hommes, ses réflexes professionnels reviennent tout de suite, et il construit rapidement une bonne plaidoirie. Mais, peut-être par excès de rationalisme justement, un aspect des choses lui échappe et il compromet lui-même le résultat de son intervention.

Sarah. Elle aussi vient d’arriver au ciel, à cause d’un accident. Mère célibataire, sa vie terrestre n’était pas une sinécure, loin de là. Mais c’est une battante. Elle aimait sa vie de banlieusarde et elle s’est débrouillée pour que son fils, au moins, ait une vie correcte. Quand on lui explique qu’elle est morte, elle est déjà furieuse parce que c’est son fils qui va en pâtir. Mais quand on lui apprend en plus le dessein de Lucifer, elle voit rouge, et, sans hésiter, elle applique un plan radical. Quoique très endurcie, au fond d’elle, l’amour est intact.

Lao-Tseu. Lao-Tseu est le clin d’œil philosophique de l’auteur. Il pourrait faire partie de l’équipe des prophètes, mais il préfère une position plus marginale, cherchant plus ou moins à réformer le royaume des cieux. Tout le monde l’accepte et l’apprécie, malgré sa manie de se citer lui-même par des phrases pas toujours très claires.

Une création au théâtre Adyar

Planète à vendre a été créée le 23 octobre 2006 au théâtre Adyar, dans une mise en scène de Catherine CHEVALLIER. Vous pouvez la visionner ci-dessous.

Le spectacle est joli, léger comme un oreiller de plume, on rit beaucoup sur le coup et le lendemain,  la musique des « 3 Cigales » nous entête, on réfléchit, sourires aux lèvres, à cette « divine comédie » qui nous fait du bien.

M-L Atinault - Webthea

Le thème ne manque pas d’originalité et, s’il n’est ni très catholique ni très orthodoxe, son traitement  ne sombre jamais dans le mauvais goût.

A Solari - France Catholique

Quel texte ! Le public fut ravi, c’est en apparence léger, mais en réalité au second degré. Bravo !

Odile WATTEL - Paris

Toutes nos félicitations pour cette pièce de théâtre à l’histoire originale et à la représentation pétillante et fraîche. Encore merci !

C Veille - Paris

Ce petit mot pour vous dire que nous avons passé une excellente soirée hier. Pièce drôle et profonde, bien enlevée et les acteurs et le chœur d’anges sont vraiment remarquables !

Claire et Jacques - Paris