Pourquoi écrire ?

En français, le mot « pourquoi » a un sens ambigu : il signifie autant « pour quelle raison » que « dans quel but ».

Pour quelle raison

Je crois que cela vient du lycée. Contrairement à mes camarades, j’aimais les cours de « Français » où l’on étudiait Pascal, Descartes, Voltaire et les grands auteurs de théâtre. J’étais sans doute le seul à me délecter de ces textes, que j’avais cru inaccessibles et dont je me rendais compte qu’ils me parlaient de moi. Et puis, au delà du sens, il y avait la musicalité. J’aimais l’ordre des mots chamboulé et le rythme entêtant des alexandrins. J’aimais comparer le débit calculé de Descartes aux flots imprévisibles de Pascal. Alors, j’ai eu envie de faire comme eux.

Dans quel but ?

En regardant ce que j’ai écrit, il me semble que, d’un ouvrage à l’autre, ce sont les mêmes questionnements qui reviennent sous différentes formes. Je m’aperçois par exemple que je place volontiers mes personnages en situation de repartir à zéro, comme dans Lazare Méradec où le bouleversement climatique oblige des gens à recréer une société dans des conditions radicalement nouvelles. J’ai pris conscience de cela lorsque j’ai eu l’idée d’intituler mon prochain roman « R.A.Z. » ! Je constate aussi que j’aime bien rapprocher deux époques pour essayer de dégager ce qu’il y a de permanent chez l’être humain. Au temps de Molière, les charlatans se déguisaient en médecins. Avec mon « Coach malgré lui » je me suis demandé en quoi ils se déguisaient aujourd’hui. Dans Issasara, j’ai voulu montrer à quel point, à 4000 ans d’intervalle, l’âme humaine reste inchangée. Mais tout ceci est une interprétation a posteriori. La réalité est que les idées germent, venues d’on ne sait où, et qu’ensuite on est « obligé » de les (ac)coucher sur le papier. Le but, s’il y en a un, est d’embobiner le lecteur, l’hypnotiser, le tromper, le surprendre, lui faire peur, le faire rire ou le faire pleurer pour lui faire entrevoir la vérité.


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Jacques Lafarge

Du cinéma à l’opérette. Après un début dans la réalisation de courts-métrages, Jacques Lafarge s’éloigne de la création artistique pour être tour à tour enseignant, chercheur, consultant et finalement chef d’entreprise. En 2005, il revient à sa vocation première, la littérature et il ne la quitte plus.

écrivain et
metteur en scène

Jacques Lafarge s’est d’abord tourné vers le cinéma. Entraîné par la « nouvelle vague », ses modèles s’appellaient Truffaut, Goretta, Welles, Bresson, Fellini… En 68, il co-fonde le groupe « Prologue » avec lequel il réalise des courts métrages. L’un d’eux, « Les androphages » sera sélectionné au festival du Ranelagh. Parallèlement, il poursuit des études scientifiques et, muni d’un diplôme d’ingénieur Supélec, il est tour à tour enseignant, chercheur, consultant en organisation et entrepreneur. En 1994, il reprend la société Exalog qu’il dirige jusqu’en 2014. En 2005, il revient à sa passion première en écrivant Planète à vendre, pièce en 5 actes où dieu envisage de brader la Terre, puis, en 2007 Discrimination positive où une beurette flic ne parle qu’en alexandrins. Ensuite, c’est L’histoire véritable de Lazare Méradec, un roman de politique fiction, qui a occupé ses longues nuits d’écrivain-chef d’entreprise.

une passion pour le chant
lyrique et l’opérette

Dès le départ, la musique a tenu une place importante dans ses pièces de théâtre. Dans Planète à vendre, un chœur d’anges commente la situation en chanson à chaque entracte. Pour Discrimination positive, le compositeur Tsvetan Dobrev a écrit un thème musical qui revient aux entractes et dans une chanson au deuxième acte. Mais c’est en 2010 qu’il est véritablement tombé dans l’opérette, lorsque il a eu l’opportunité de mettre en scène La vie parisienne de Jacques Offenbach pour les Brigands du XV°. Il est donc revenu au théâtre en musique, avec Le coach malgré lui, opérette écrite en collaboration avec le compositeur Michael Goldberg. En 2016, il récidive avec Mon ministre préféré, opérette satirique sur la musique de La belle Hélène d’Offenbach. Jacques Lafarge a également écrit et mis en scène des scénarios de récitals, dont le plus récent est intitulé Psychanalyrique.